Destination… Le Douro


Le Douro, long fleuve prenant sa source en Espagne et se jetant dans l’Atlantique à Porto, est réputé pour la beauté saisissante de ses paysages. Lové au cœur de véritables canyons de verdure, le Douro serpente entre les collines que la main de l’homme a façonnées en terrasses où pousse la vigne qui donnera un vin fruité connu et apprécié dans le monde entier, le bien nommé Porto.
 La croisière d’une semaine part de Porto pour remonter les 200 kilomètres portugais du fleuve, jusqu’à la frontière espagnole, avant de revenir à son port de départ. Sur le parcours, le bateau Queen Isabel s’arrête à plusieurs occasions pour offrir à ses passagers des escapades dans des lieux historiques ou authentiques du Portugal, avec une incursion chez les voisins de la péninsule ibérique, dans la cité de Salamanque. Mais plus que ces visites et excursions, c’est bel et bien le spectacle permanent de l’environnement qui donne toute sa saveur à ce voyage. Chaque détour est l’occasion d’un nouveau paysage vertigineux, aussi saisissant que verdoyant, où la plupart du temps, seules de rares maisons accrochées sur les versants témoignent de la présence humaine. Le dépaysement est garanti et l’on se sent régulièrement comme seuls au monde, loin de tout, sinon de la beauté simple et sereine d’une nature généreuse.

    Croisière " L’Or du Douro "


    À partir de 2990 € par personne. De mars à novembre. Vols France/Porto/France, taxes aériennes et portuaires incluses. Transferts inclus. Pension complète avec boissons incluse. Excursions, conférences et animations à bord incluses. Pourboires non inclus jusqu’en 2026 (12 € par personne et par jour).
    Le M/S Queen Isabel
    Le M/S Queen Isabel
    Longueur : 79 mètres — Largeur : 11,40 mètres
    Passagers : 118 — Équipage : 33. Construction : 2013
    Cabines : 56, sur 3 ponts (pont panorama : 2 suites avec balcon + 18 cabines deluxe avec balcon ; pont supérieur : 23 cabines deluxe avec baie vitrée ; pont principal : 13 cabines confort avec fenêtre)
    Espaces communs : salle de restaurant, salon-bar panoramique, pont Soleil avec piscine, salle de sport et salon de massage.

    Jour 1


    Pris en charge dès notre atterrissage, nous découvrons le Queen Isabel amarré au port de Vila de Gaia, en pleine zone touristique de Porto, avec une vue imprenable sur la ville. Après une première réunion d’information, l’incontournable cocktail de bienvenue et un dîner prometteur pour les repas à venir, nous montons sur le pont Soleil du navire pour admirer la ville de nuit. Les cabines du téléphérique forment une guirlande glissant nonchalamment vers les hauteurs de Porto. De l’autre côté du fleuve, le palais épiscopal rococo veille sur la cité. Les quais, où restaurants et boutiques se disputent l’attention des badauds, sont encore effervescents de vie. Nous hésitons à nous mêler à eux, mais la fatigue du voyage prend le dessus sur l’excitation, aussi rejoignons-nous notre cabine, impeccablement préparée pour la nuit. Par chance, aucun navire n’est amarré au nôtre pour bloquer la vue de notre large fenêtre donnant sur le fleuve — ce ne sera pas toujours le cas. La navigation de nuit étant interdite sur le Douro, fleuve plus impétueux qu’il n’y paraît, nous n’appareillerons que le lendemain matin — hors de question de rater ça !

    • Natacha :« Dès l’accueil à l’aéroport, on sent qu’on sera chouchoutés. Cela s’est confirmé tout du long de la croisière, avec un équipage attentionné, discret, souriant et d’un professionnalisme à toute épreuve. Des serveurs aux guides, en passant par l’équipage, le personnel de ménage, le barman et l’équipe encadrante du croisiériste, le service a tout simplement été irréprochable. » 
    • David : « Les cabines et les parties communes du navire (pont Soleil, restaurant, salon panoramique…) ont un vrai charme suranné, une élégance très ‘années 30’ où le marbre le dispute aux cuivres, où le bois de noyer se marie aux teintes sépia et aux turquoises. Confortable et d’une classe intemporelle, le Queen Isabel est à dimension humaine, avec ses 59 cabines pour un maximum de 118 passagers… et un équipage de 33 personnes aux petits soins. »




    Jour 2

    L'écluse de Carrapatelo

    Les six ponts de Porto forment un compte à rebours, où chaque étape nous éloigne un peu plus du bouillonnement de la ville.
    Très vite, en quelques minutes à peine, les routes disparaissent, les habitations se clairsèment, tandis que le Douro s’enfonce dans une nature où les rares signes de la présence de l’homme — ici, un petit ponton camouflé dans les saules pleureurs bordant le fleuve ; là, une Quinta perchée à flanc de colline — disparaissent peu à peu. Le ciel est couvert, mais la tapisserie des nuages vient compléter ce tableau où le dépaysement nous frappe plus vite et plus fort que nous ne l’aurions espéré. Seules les quelques écluses qui temporisent notre progression nous rappellent que nous ne sommes pas hors du temps. En fin de matinée, le passage de celle de Carrapatelo, véritable mur de béton, est à la fois une rupture radicale avec la beauté naturelle sauvage qui l’entoure et un spectacle à part entière, et pour cause : il s’agit d’une des plus hautes d’Europe, avec ses 36 mètres de dénivelé — l’équivalent d’un immeuble de dix ou douze étages ! 

    En début d’après-midi, nous accostons à Regua pour une visite du musée du Douro, dédié à l’histoire du vin de la région, avant de repartir pour Lamego et sa cathédrale, puis pour un dîner dans une Quinta tenue par une vicomtesse Maria exubérante et très… commerçante. 



    • David « Peu convaincu par le musée du Douro, petit et sans grand intérêt, j’ai plus apprécié Lamego, plus chargé d’Histoire. Les excursions et visites à venir seront hélas souvent à l’image de celles de ce premier jour, rapides et un peu expéditives à mon goût, étant du genre à aimer découvrir les monuments et musées à mon rythme. Ceux qui, en revanche, préfèrent être encadrés et guidés tout du long seront à n’en pas douter plus à leur aise. »
    • Natacha « La Quinta de Varzea est une propriété splendide, le vin produit sur place est excellent, mais si certains adoreront la pétulance de la maîtresse des lieux, d’autres la trouveront peut-être comme moi trop excessive pour être naturelle. J’aurais également apprécié de visiter les lieux pendant la dégustation, qui s’est hélas cantonnée à une grange, certes magnifiquement aménagée, mais très bruyante et faisant surtout office de boutique aux écharpes et autres souvenirs dessinés par la vicomtesse… Par contre, le dîner était excellent ! »

    Jour 3

    Si la croisière proprement dite ne se déroule que sur environ 200 kilomètres — la longueur portugaise du Douro, les paysages n’en sont pas pour autant immuables, au contraire. Au fur et à mesure que nous nous enfonçons dans les terres et nous rapprochons de la frontière espagnole, la végétation change peu à peu. L’après-midi est dédié à la visite du village médiéval de Castelo Rodrigo, qui domine un immense paysage à couper le souffle. Nous profitons d’un peu de temps libre pour nous perdre dans ses étroites ruelles pavées, suspendues hors du temps.

    Le village médiéval de Castelo Rodrigo domine un plateau donnant sur la frontière espagnole.

    • Natacha « Castelo Rodrigo est pour moi un coup de cœur aussi simple qu’inattendu. Ce petit village médiéval perché sur une colline dégage une ambiance vraiment authentique et tranquille. Ses ruelles pavées et ses vieilles maisons sont chargées d’Histoire, et le château en ruine qui domine le village offre une vue imprenable. Une visite très agréable et instructive, grâce aux explications de la guide. »
    • David « Étonnant de voir à quel point les paysages changent vite et même parfois radicalement. En quelques minutes, on peut passer des douces collines à terrasses où pousse la vigne à des falaises aux reliefs torturés ou de véritables murs de verdure dense. Le passage le plus étroit du Douro, entre l’écluse de Valeira et le pont de Ferradosa, est particulièrement impressionnant. La proximité des falaises impressionne autant que la dextérité du capitaine à manœuvrer dans ce goulot naturel. »


    Une vue saisissante sur la vallée depuis Alto de Sapinha.

     Jour 4


    Après une nuit arrimés sur la rive espagnole du Douro, il tombait sous le sens que la journée marque une incursion en Espagne, et plus exactement à Salamanque. Le transport en bus de près de deux heures est certes un peu long, mais le changement de paysage, des vallées du Douro au plateau ibérique, fait passer le temps plus vite. Salamanque, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, mérite le long trajet effectué. Le cœur historique de la ville déborde de charme avec ses anciennes façades en grès jaune qui lui ont valu d’être surnommée La Dorada (la Dorée). Nous avons droit à une visite du très touristique centre historique, de la Plaza Mayor à son université du XIIe siècle, en passant bien évidemment par ses deux cathédrales assemblées, l’opulence baroque de celle du XVIe siècle contrastant avec la sobriété imposante de celle bâtie trois cents ans plus tôt. S’ensuit un déjeuner espagnol et deux heures de temps libre, pendant lesquelles nous flânons dans les rues animées de la cité avant de terminer notre escapade avec une visite en solo de la Casa Lis, musée d’Art Nouveau et Art Déco, dont les splendides collections XIXe viennent nous offrir une tout autre tranche d’histoire. De retour au bateau, un dîner de spécialités portugaises nous attend, histoire, peut-être, de nous replonger dans la culture du pays après cette journée d’infidélité espagnole…

    • David « Le tracé du Douro étant en grande partie loin de tout, il est compréhensible que les déplacements en bus prennent du temps. Si certaines destinations justifient pleinement ce transport, comme Salamanque ou Castelo Rodrigo, leur durée peut s’avérer fastidieuse pour des visites plus dispensables, comme celle de la Quinta de la veille ou du Solar de Mateus du lendemain. »
    • Natacha « Salamanque vaut vraiment le détour. Son centre historique est très beau et intéressant, et les explications de la guide espagnole nous ont permis de bien profiter des différentes visites.  Les deux cathédrales juxtaposées sont particulièrement surprenantes. J’ai aussi apprécié la Plaza Major, pleine de vie et de petites boutiques, ainsi que de flâner dans les rues pendant le ‘temps libre’ pour sortir du centre et explorer la ville en dehors des sentiers ‘touristiques’. »

    Un petit tour en Espagne, dans la ville dorée de Salamanque.

    Jour 5

    L’heure de redescendre le Douro est déjà arrivée, mais la croisière est loin d’être pour autant terminée. Nous avons beau être passés par là à l’aller, nous ne nous lassons toujours pas du paysage, qu’un changement de point de vue ou de lumière suffit à transformer. Aléas de la navigation fluviale obligent, la visite-dégustation prévue d’une Quinta doit être annulée, suite à un encombrement du trafic fluvial au niveau de l’écluse de Valeira. À toute chose malheur étant bon, ce retard nous permet d’accoster plus près de l’autre destination d’excursion de la journée et de diviser presque par deux la durée du trajet en bus jusqu’au Solar de Mateus, palais du XVIIIe siècle dessiné par l’architecte Nicolau Nasoni et figurant sur les étiquettes du rosé éponyme — qui n’est cependant pas du tout produit sur place. Les jardins sont splendides, la demeure a du caractère, mais la visite, entièrement prise en main par des guides à demeure et un audioguide préenregistré, est vite expédiée — sans doute à cause du grand nombre de groupes de visiteurs sur place. Heureusement, la météo ensoleillée est idéale pour aller se perdre dans les jardins de la propriété. La sérénité des lieux, le silence et l’espace que nous y trouvons nous font quelque peu oublier cette visite-éclair.

    Le Solar de Matéus.

    Pendant ce temps, le Queen Isabel a continué sa route jusqu’à Regua, d’où nous repartirons le lendemain matin pour notre dernière journée de croisière sur le Douro…

    • Natacha « La visite au Solar de Mateus fut assez décevante, car malheureusement, assez vite expédiée. Le temps nous a donc manqué pour explorer l’intérieur en détail et apprécier pleinement les objets exposés. Par contre, nous avons eu plus de temps et de liberté pour découvrir les jardins. Immenses et soigneusement entretenus, ils offrent un superbe décor où se dressent notamment des arbres particulièrement impressionnants. »
    • David « La journée illustre bien les hasards de la navigation fluviale : l’attente à l’écluse de Valeira a réduit à néant toute chance d’être à l’heure pour la visite de la Quinta, mais le directeur de croisière et son équipe se sont échinés à compenser au mieux ce souci, non seulement en saisissant l’opportunité de limiter le temps de transfert en bus pour la visite suivante, mais aussi en trouvant une agréable compensation, le lendemain : la dégustation d’un Porto vieux, normalement réservée aux clients privilégiés du croisiériste ou payante au verre, a été offerte à tous. »

    Jour 6

    Crédit photo : R. Gales

    La matinée de navigation nous ramène à Porto, où le Queen Isabel restera à quai jusqu’à la fin de l’aventure. Bien qu’heureux de retrouver la palpitante ville de Porto, le spectacle de la vallée verdoyante nous manque déjà… L’après-midi est bien chargée : découverte guidée de la Cathédrale de la ville, petit tour à la gare São Bento pour admirer ses fresques azuléjos en faïence, visite du Palais de la Bourse, et enfin visite des caves de Calem et dégustation de Porto, à quelques centaines de mètres du navire. 

    Après le dîner nous attend un autre monument de la culture portugaise : un concert de fado, où une chanteuse à la voix profonde et vibrante fait résonner la saudade (terme portugais exprimant à la fois la mélancolie, l’espoir et l’espérance, au plus profond d’un public conquis. 
    • Natacha « Le spectacle de Fado fut une belle initiation à ce ‘blues folklorique portugais’. Même sans forcément adhérer à ce style musical, la qualité de la performance est à saluer. »
    • David : « J’ai vraiment apprécié l’après-midi de visites, qui bien que rapides, nous ont permis de découvrir les rues de la ville, puisque depuis la cathédrale tout le reste du trajet s’est fait à pied. » 

    Crédit photo : F. Chavanon

    Jour 7


    Les visites organisées étant très axées sur le patrimoine historique et sur les vins, on a finalement assez peu d’occasions de s’immerger dans le quotidien des Portugais.
    Le choix était cornélien, entre la visite organisée de Guimarães (Palais des Ducs de Bragance) et de Bragua (Église du Bom Jésus) d’un côté et une journée libre de l’autre, dans Porto, mais nous avons opté pour la seconde. Laissant nos pas nous mener là où bon leur semble, nous nous sommes laissés perdre dans les petites rues typiques de la ville, calmes et fraîches malgré un soleil matinal qui tape déjà sérieusement. Par hasard, nous nous retrouvons dans un ensemble moderne, le WOW Porto, où musées, restaurants et bars à la mode dominent le quartier du vin et ses grandes caves.


    Nous redescendons vers le fleuve pour y déjeuner sur le pouce au Mercado Beira-Rio, une halle conviviale où s’alignent étals de spécialités locales et stands de street food, avant de repartir sur la rive opposée par l’immense pont Luis I, à deux tabliers, pour attraper un tramway de la ligne 1 jusqu’aux splendides jardins du Palácio de Cristal. Puis nous sautons dans un bus de la ligne 200 pour arriver un quart d’heure plus tard au Mercado do Bolhão, un des principaux marchés de la ville, installé sur deux étages dans un grand bâtiment néo-classique, pour y faire quelques emplettes de produits du terroir. Avant de retourner vers le bateau, nous faisons un petit crochet par la chapelle des Âmes, à la façade entièrement couverte d’azuléjos.

    Une ultime surprise nous attend. Habituellement organisé à Lisbonne, le festival des masques ibérique se tient cette année à Porto et son défilé passe aujourd’hui même sur le quai où est amarré le Queen Isabel. Nous terminons ainsi notre après-midi à admirer les étonnants costumes et masques des quelque 500 participants, au rythme de leurs instruments folkloriques. Une belle façon de clore ce voyage, dans une ambiance traditionnelle à souhait, avant de refaire nos valises et rentrer en France, la tête pleine des couleurs de Porto et de la beauté intemporelle du Douro… 


    • David « Grâce à Internet et à toutes ces applications bien pratiques quand on voyage à l’étranger — des outils de traduction aux plans interactifs —, on peut plus facilement partir à l’aventure et faire de belles découvertes inopinées qui n’appartiennent qu’à nous. »
    • Natacha : « Juste avant de rentrer en France, nous avons goûté aux fameux pastéis de nata de la boutique Natas d’Ouro, chaudement recommandée par l’équipe de bord. À raison ! Frais et onctueux, avec une pâte croustillante, ces petits délices proposés à divers parfums (sucrés ou salés) sont un vrai régal à partager et savourer... presque sans modération. »

    La carte de la croisière

    À partir de 2990 € par personne. De mars à novembre. Vols France/Porto/France, taxes aériennes et portuaires incluses. Transferts inclus. Pension complète avec boissons incluse. Excursions, conférences et animations à bord incluses. Pourboires non inclus jusqu’en 2026 (12 € par personne et par jour).



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