Destination… Le Douro

Le Douro, long fleuve prenant sa source en Espagne et se jetant dans l’Atlantique à Porto, est réputé pour la beauté saisissante de ses paysages. Lové au cœur de véritables canyons de verdure, le Douro serpente entre les collines que la main de l’homme a façonnées en terrasses où pousse la vigne qui donnera un vin fruité connu et apprécié dans le monde entier, le bien nommé Porto.  La croisière d’une semaine part de Porto pour remonter les 200 kilomètres portugais du fleuve, jusqu’à la frontière espagnole, avant de revenir à son port de départ. Sur le parcours, le bateau Queen Isabel s’arrête à plusieurs occasions pour offrir à ses passagers des escapades dans des lieux historiques ou authentiques du Portugal, avec une incursion chez les voisins de la péninsule ibérique, dans la cité de Salamanque. Mais plus que ces visites et excursions, c’est bel et bien le spectacle permanent de l’environnement qui donne toute sa saveur à ce voyage. Chaque détour est l’occasion d’un nouveau pays...

Interview : Camille de Terra CBD

Camille, en charge de la boutique Terra CBD de Vertou, en Loire-Atlantique, nous éclaire sans langue de bois sur le CBD, ses différentes formes, les fausses idées et le très large spectre de ses clients.

Qu’est-ce qui vous a amenée à ouvrir une boutique de CBD ? 

J’ai une formation de naturopathe et je suis dans le commerce depuis une dizaine d’années. Il y a à peu près deux ans, j’ai eu envie de retrouver à la fois un certain confort professionnel — je suis salariée de Terra CBD, qui possède plusieurs boutiques en France — tout en restant dans mon domaine de prédilection. C’est ce que j’ai trouvé ici. Le chanvre est une plante complexe et passionnante. C’est hyper intéressant de travailler avec. 

Quels sont les principaux profils de clients que vous accueillez ?

On touche plein de publics. Quand j’ai commencé à travailler ici, j’avais des stéréotypes en tête. Mais en fait, la clientèle va de la petite mamie qui cherche quelque chose pour atténuer ses douleurs chroniques aux jeunes qui veulent arrêter le cannabis. Autant de femmes que d’hommes. Pas mal de personnes à haut potentiel, des hyperactifs, des Asperger, des hypersensibles et des personnes en stress chronique ou qui souffrent de douleurs assez importantes — arthrose, arthrite, néphralgies… Parfois, ils viennent parce que leur médecin ou leur ostéopathe leur a parlé des vertus du CBD. 

Les gens sont très curieux sur le sujet. Je fais aussi relais-colis dans ma boutique, et des personnes qui passent prendre ou déposer un colis sans connaître le CBD me disent qu’ils trouvent l’odeur très agréable. Ce qui est amusant, c’est que tout le monde connaît l’odeur du cannabis, comme les personnes âgées qui ont vécu les années 70 et qui la connaissent très bien. 

Personnellement, j’ai tendance à dédiaboliser la plante et expliquer qu’il ne faut pas en avoir peur, d’autant que les produits sont de plus en plus qualitatifs.

À qui déconseilleriez-vous le CBD et pourquoi ?

Notre métier a une dimension pédagogique et « conseil » importante, parfois négligée. Par exemple, les personnes qui prennent des anticoagulants, notamment ceux à base de warfarine, ne doivent pas prendre de CBD — ça accentue les effets anticoagulants. C’est aussi déconseillé pour les gens qui ont des troubles de la thyroïde et qui sont traités avec des médicaments de type Lévothyrox. 

Il faut faire aussi attention sur certains antidouleurs et antidépresseurs et pour les personnes qui ont des glaucomes. Ce n’est pas parce que c’est un produit naturel qu’on peut le consommer sans risque.

Y a-t-il une vraie différence profonde entre les types de fleurs commercialisées, dont les prix peuvent énormément varier ?

La plante est tellement complexe que les différences peuvent être radicales. On travaille surtout avec quatre ou cinq types de cannabinoïdes — le CBD, le CBN, le CBG, le CBC —, mais il en existe à peu près 150 et on continue à en découvrir d’autres. On parle beaucoup des taux de CBD, notamment dans les fleurs, mais il ne faut pas s’arrêter à cela. Il faut aussi prendre en compte les terpènes associés. Ce sont des molécules volatiles qui vont apporter le goût et l’odeur à la plante, mais qui peuvent aussi avoir des propriétés sur le corps, l’esprit et le système nerveux. Ils servent beaucoup dans l’alimentaire, le cosmétique et la pharmacie. Aujourd’hui, on ne sait même pas encore vraiment à quel point les terpènes influencent les propriétés des cannabinoïdes.

Pourquoi y-a-t-il si peu d’études fiables sur le CBD, à votre avis ?

Parce que les scientifiques n’ont pas eu le droit de faire des recherches sur le THC pendant des années, sous peine d’être radiés. Encore une fois, c’est une plante qui a été diabolisée à tort. Quand les boutiques de CBD ont émergé, on s’est donné le droit d’en vendre parce que ce n’était pas interdit. La législation était un peu floue sur le sujet, mais l’État a fini par comprendre que le CBD n’était pas dangereux, que ce n’était pas un psychotrope, etc. Pour autant, les recherches sérieuses sont quand même assez récentes. La plante est tellement complexe qu’en fait on en apprend tous les jours.

Quels sont les produits les plus demandés ?

Majoritairement, les clients recherchent quand même des taux de CBD assez importants, parce qu’ils viennent chercher un apaisement de leur douleur, de leur stress ou de leur anxiété ou pour favoriser leur sommeil. Il y a des plantes qui vont être relaxantes, plus cérébrales, qu’on va pouvoir consommer en journée sans effet « cassant ». Et puis, il y en a d’autres qui vont être plus axées sur le musculaire et permettront de relâcher un petit peu plus le corps et inviteront au sommeil.

Les fleurs et les résines, fumées ou vaporisées, ont un effet rapide, mais court — entre une et deux heures. Les infusions et les huiles peuvent avoir un effet qui met plus de temps à s’installer, mais qui peut durer jusqu’à 6 ou 8 heures, selon les métabolismes. 

Le CBD est disponible sous toutes sortes de formes académiques, des plus galéniques, comme la plante brute, aux plus « fun », disons, comme les bonbons. Le choix de la forme dépend de plein de choses, de la problématique ciblée aux goûts de la personne. 

Et ceux qui ont le plus de mal à trouver leur public ?

Dans ma boutique, ce sont plus les produits alimentaires, même si certains sont intéressants d’un point de vue nutritionnel. Par exemple, l’huile de chanvre a une concentration rarissime en oméga-3 et en oméga-6. Les cosmétiques aussi ont un peu de mal à trouver leur public, comme des savons surgras ou le lait corporel. Ça reste quand même des produits qui fonctionnent très bien, qui sont hyper intéressants, notamment pour les peaux atopiques, les psoriasis, etc. 

Que conseilleriez-vous à quelqu’un qui ne connaît pas du tout la plante et souhaite s’y essayer ?

L’infusion, c’est une bonne voie d’entrée, tout comme les pastilles ou les petites gommes. Ça permet de tester facilement la molécule, sans prendre trop de risques, sans dépenser trop d’argent. D’avoir un petit aperçu de ce que ça donne.

Dans ces produits, on a souvent de bonnes concentrations qui apportent de vrais résultats à moindre coût. Suivant la forme, on n’aura pas le même délai d’action ni la même durée d’effet. Par exemple, quelqu’un qui vient me voir parce qu’il est en stress chronique sur sa journée, et qui veut juste essayer, je serais encline à lui proposer une tisane ou une pastille, en soulignant que l’effet durera 3-4 heures, mais c’est tout. Tandis qu’une huile, on peut en prendre quelques gouttes le matin et être tranquille toute la journée.

Comme toujours, certaines personnes vont ressentir fort les effets, d’autres moins. Avec les infusions, on est plutôt sur des troubles mineurs, même si on reste dans le thérapeutique avec les infusions de fleurs pures ou certains mélanges avec d’autres plantes, choisies pour leurs effets phytothérapeutiques. De vraies tisanes digestion ou détox, associées au CBD, pour une synergie un peu plus poussée.

Quand on me demande quelle est la meilleure façon d’expérimenter le CBD, il n’y a pas une seule réponse. Par exemple, on ne va pas proposer une tisane « sommeil » à quelqu’un qui a des petits problèmes de vessie et que ça obligerait à se relever en pleine nuit pour aller aux toilettes. Ce serait un peu contre-productif.

Le CBD se décline sous des tas de formes, dont certaines qui doivent juste surfer sur la mode, sans effet sensible ?

Il y a bien sûr des produits plus axés « cadeau », comme du rhum arrangé au CBD, qui se vend bien pour Noël. Mais même dans ces gammes, on trouve des produits avec un taux sérieux de CBD, comme certaines canettes de soda, qui contiennent tout de même plus de 30 mg de CBD, ce qui n’est pas anecdotique. Mais le sirop ou les chewing-gums au CBD, tout ça, c’est un peu plus gadget, en effet.

Certains produits, comme le HHC et consorts, flirtent avec la législation. Quel regard portez-vous sur ces dérivés qui ternissent l’image « sage » du CBD ?

Ma position, c’est que ces produits ne concernent qu’une partie de la clientèle, notamment les consommateurs de THC en sevrage. Ça peut servir pour une transition en douceur et ça peut être intéressant pour des personnes qui souffrent et qui n’ont pas accès au cannabis thérapeutique. Reste qu’en effet, il n’y a pas de recul sur ces produits. Ils peuvent cependant répondre à certaines problématiques où l’effet du CBD est limité, notamment sur la douleur. 

Les histoires qui font peur, qu’on a entendues dans les médias à propos du CBD, du cannabis de synthèse, etc., ce sont des cas assez isolés. Je mets toujours les gens en garde, mais des sites Internet ou d’autres vendeurs qui sont beaucoup moins axés « bien-être » ne le font pas et préconisent des dosages excessifs.

Auriez-vous des anecdotes étonnantes ou pleines d’émotion à partager sur votre expérience en boutique ? 

Les personnes qui entrent dans la boutique viennent souvent chercher une écoute. Un magasin de bien-être est parfait pour ça. J’ai une oreille assez attentive. Du coup, elles se lâchent en général. Des gens se sont même mis à pleurer, tant ils se sentaient mal. Savoir qu’on les écoute enfin et qu’on les comprend, ça leur fait beaucoup de bien.

Cliquez ici pour lire notre grand dossier "Ça plane pour le CBD"


 








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